lundi 14 décembre 2015

La formation des adultes c'est quoi?

ources : Denis CRISTOL

Texte de synthèse rédigé à partir d'un cercle de lecture rédigé par Laetitia Dugareau
Au-delà de la diversité des lectures proposées émerge un dénominateur commun autour de la quintessence du sens de la formation professionnelle.
Pragmatiquement, son utilité semble reconnue pour l’individu comme pour l’organisation : le développement des compétences augmente l’employabilité des agents / salariés et constitue un facteur de compétitivité pour l’organisation justifiant son investissement. Le lien est direct entre formation et innovation.
Mais sous un aspect anthropologique, apprendre touche à l’humain et enclenche un processus complexe où la rencontre revêt une importance primordiale : en opposition aux logiques de contrôle, la formation articulée sur un dispositif équilibré entre savoirs formel et informel instaure une relation fondée sur l’écoute, nécessaire à l’émergence d’une empathie. L’apprenant trouve ainsi sa place au centre d’une démarche facilitée par le formateur et accompagnée par l’institution. Il s’engage avec confiance dans une dynamique motivante de co-construction émancipatrice et libératoire connectant savoir et savoir-faire dans un esprit nouveau qui développe les attitudes de réalisation de soi.
D’un point de vue psychanalytique, chacun amène sa vision et ses compétences propres à partir du moment où s’opère une décentration qui permet de déconstruire les représentations et les croyances. L’individu peut alors entrer dans une co-responsabilisation où certes l’autoformation lui permet d’apprendre seul, mais jamais sans les autres.
Philosophiquement, alors que les nouvelles technologies réinterrogent les frontières de nos métiers et bousculent nos postures, notre réflexion nous amène à replacer l’humain au centre de nos valeurs : la fascination que l’outil peut exercer sur nous ne doit pas supplanter le sens mais nous alerter sur une possible fracture entre cognitifs-adaptés et individus plus fabriqués…
L’universalité des grands mythes nous invite alors à sortir du dogmatisme pour entrer dans une coopération créative qui ouvre ces attitudes de réalisation de soi. Face aux nouveaux besoins de la société, l’homme citoyen travailleur peut ainsi se développer dans un environnement sécurisant où chacun peut partager les bénéfices de la formation. C’est ce qui fait sa richesse.

Livres partagés

Richard Bach, Jonathan Livingston le Goéland
Jean Berbaum, Etude systémique des actions de formation
Philippe Carré, L’apprenance : vers un nouveau rapport au savoir
Pierre Caspar, La formation des adultes, hier, aujourd’hui, demain
Bernadette Charlier, Apprendre avec les technologies
Dumazedier, Penser l’autoformation
Sandra Enlart, Monique Bénaily, La fonction formation en péril
Sandra Enlart, O. Charbonnier, Faut-il encore apprendre ?
Foster, C’est de l’eau
Jean Frayssinhes, L’apprenant adulte à l’ère du numérique
Hervé Gouil, Réapprendre à coopérer
Alain Gras, Fragilité de la puissance
Bruno Hourst, Les jeux cadres de Thiagi
Guy Le Boterf, Professionnaliser : construire des parcours personnalisés de professionnalisation
Guy le Boterf, Construire les compétences individuelles et collectives
Jean-Paul Martin, Emile Savary, Formateur d’adulte, se professionnaliser
Antoine Masson, Michel Parlier, Les démarches compétence
Philippe Meirieu, Frankenstein pédagogue
Prosper Mérimée, Le vase étrusque
OCDE (vision), Apprentissage et formation tout au long de la vie
Platon, Le Ménon
Revue « Education Permanente », Technologies et approches nouvelles en formation
Carl Rogers, Liberté pour apprendre
Jean-François Roussel, Gérer la formation, viser le transfert
La formation des adultes c'est quoi?


dimanche 13 décembre 2015

Vitesse mentale : êtes-vous une personne brillante ?

Sources : Thot Cursus

Augmenter sa vitesse
On peut augmenter sa vitesse et briller plus souvent de plusieurs façons :

Augmenter ses capacités d’observation

Le discernement est une caractéristique fondamentale de l’intelligence.  Plus on discerne et on reconnaît d’éléments, meilleures sont nos chances d’établir des relations et de comprendre en profondeur.  Mieux voir, mieux entendre, mais aussi enlever les filtres, faire taire ses peurs, préjugés et autres présupposés qui entravent l’observation; quand on perçoit clairement et que l’on est pas dérangé par des «commentaires» internes (les maths c’est nul, l’agriculture pas pour moi, j’ai horreur de ce truc…), on devient simplement plus intelligent.

Parfois il s’agit simplement d’avoir du matériel de meilleur qualité ou un meilleur environnement d’observation, facteurs que l'on peut influencer directement.

Augmenter son bagage

Ceux qui ont déjà regardé les Télétubbies ont peut-être remarqué que les vidéos étaient toujours répétés deux fois dans un court espace de temps.  On mettra même en doute le fait que ce soit deux fois le même vidéo tant on ne remarque pas les mêmes choses la première et la seconde fois !  À chaque itération, on intègre un peu plus d’éléments.  Plus on a d’informations, meilleures sont nos chances d’y comprendre quelque chose.  La répétition a du bon, la variété aussi.  

Améliorer sa forme physique

Que l’on soit carencé en vitamines, hypoglycémique, fatigué, stressé, intoxiqué par des médicaments, de l’alcool ou sur un down de stimulants énergisants, le résultat sera le même : on sera moins vite intellectuellement.

Même l’exercice physique est reconnu pour améliorer es fonctions mentales.  Repos, exercice, bonne alimentation nos seulement améliorent notre santé mais aussi nos performances intellectuelles.

Se mesurer

Assez discuté, que diriez-vous de quelques tests de vitesse bien concrets ?

Vitesse de lecture

jeudi 10 décembre 2015

Former, se former et apprendre à l’ère numérique Le social learning






Publié par CRISTOL DENIS

COMMUNIQUE DE PRESSE : parution d'un nouvel ouvrage le 16 janvier


Face à la déferlante numérique, les façons d’enseigner et d’apprendre se transforment, laissant la place à plus d’apprentissages informels et d’innovation pédagogique.
Cet ouvrage rend accessibles les fondements de ces évolutions sociales, numériques, cognitives, économiques…
L’auteur développe le sujet en 4 parties :
• Il redonne le sens du savoir comme un rapport à soi, aux autres et au monde ;
• Il repositionne les approches classiques des apprentissages pour penser l’évolution du stage vers les écosystèmes d’apprentissage ;
• Il propose de transformer des environnements afin de les rendre apprenants (architecture des bâtiments, interactions sociales et espaces numériques) ;
• Il traite des nouvelles postures des formateurs comme facilitateurs du savoir et donne des repères pour développer l’intelligence collective.
Ce manuel de référence sur le social learning donne les clés pour décider de nouvelles stratégies, enrichir et recombiner des pratiques pédagogiques à l’ère du numérique.
L’auteur
Denis CRISTOL est docteur en sciences de l’éducation. Il dirige le département ingénierie du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT). Il est membre du comité scientifique de la revue SAVOIRS et responsable de la rubrique formation de la revue Personnel. Il est l’auteur, notamment, de Innover en formation, Développer une université d’entreprise, Management et communication 100 exercices, dans la même collection.
Collection : Formation Permanente
Auteurs : Denis Cristol
Date de parution : 16 janvier 2014
Prix : 23,35 €
N° ISBN : 978-2-7101-2591-4
Distribution : dans toutes les bonnes librairies
Contact Presse
Emmanuelle Lobo
Téléphone : 01 46 29 23 51
Former, se former et apprendre à l’ère numérique Le social learning

mardi 8 décembre 2015

La théorie U d'Otto Scharmer


Otto-Scharmer.jpegOtto Scharmer est maître de conférence au département d'économie du Massachussets Institute of Technology et président fondateur d'ELIAS un programme de leadership transversal qui rassemble des institutions du monde des affaires et des organisations. 


Scharmer fait le constat des enjeux qui sont déterminés par le passé et ne prennent pas suffisamment en compte le futur émergent. Pour nous aider à penser un autre monde possible, il nous invite à marquer une pause, à réfléchir sur nos automatismes, à les transformer et les revivifier. 
Pour cela il a mis au point la Théorie U, issue de son travail de recherche et de son activité de consultant auprès de leaders.
 Il s'agit d'un parcours en 5 étapes :
  1. Initier
  2. Percevoir
  3. Etre présent
  4. Créer
  5. Déployer
Ces 5 étapes visent à capter de nouveaux modes d'émergence et à rénover l'approche collaborative et la conduite de projet. La théorie U est donc un modèle de conduite du changement fondé sur la conscience de l'urgence pour la mise en place de solutions durables et globales. Les 9 environnements d'apprentisssage qu'il propose constituent une réponse concréte aux questions posées. 
La réussite d'un telle perspective passera selon Scharmer par la capacité des dirigeants d'ouvrir leur esprit, leur coeur et leur volonté. 
C-Otto-Scharmer.jpg

Apprendre du futur émergent, voilà ce que propose Otto Scharmer dans cette interview (7' en anglais accessible)  
Pour aller plus loin, il est possible :

2) de prendre contact avec les associations qui développent ses idées


3) de participer à un séminaire de SOL France
Publié par CRISTOL DENIS

La théorie U développée par Otto Scharmer est une proposition du cheminement de la pensée qui permet de lâcher prise et de laisser advenir ce qui vient. La théorie U permet de la convergence. Elle se concentre sur des questions authentiques. Jean Luc et Marie Hélène en exposent les éléments principaux.

Ma demande de service plutôt que votre offre de formation

Créé le samedi 28 novembre 2015  |  Mise à jour le lundi 7 décembre 2015 SOURCES : THOT CURSUS

Ma demande de service plutôt que votre offre de formation
A force d’être soutenu par une obligation d’investissement formation, les organismes de formation ont cru que leur offre de formation rencontrait une demande. La réalité semble un peu différente.
Les clients ont absorbé beaucoup de propositions plus ou moins adaptées à leurs situations, mais celles-ci devenant de plus en plus complexes, tout en se transformant sans cesse, elles se satisfont moins de réponses toutes faites.

La fin de la facilité

Par ailleurs elles ont moins d’argent et de prescription, car l’État, ou les partenaires sociaux sont incapables d’orienter une politique de formation dans une période de transformation chaotique. Les acteurs censés donner le cap sont interpelés par une réalité qui revendique de plus en plus fort.
Les offres catalogues s’érodent en faveur du sur mesure (adaptation du stage à une réalité d’entreprise), ou du «en mesure» qui doit s’accorder au rythme des projets de l’entreprise. Cette montée du «en mesure» marque le retournement de l’offre de formation vers la demande de service.
Ce retournement apporte son lot de tracas aux organismes de formation  qui ne s’y préparent pas, jugez plutôt du tableau ci-après.
Offre de formation
Demande de service
Marché de masse subventionné
Demandes individualisées de ressources accessibles et gratuites
Formation présentielle
Attente de contextualisation et multi-modalité
Stage catalogue « standard « 
Réponse « Sur » ou « en mesure »
Rétribution prédominante du face à face
Temps de préparation, d’ajustement à intégrer
Intervention enrichie d’apport avec l’appui du numérique
Transformation massive et rapide des usages
Programmeurs, concepteurs de stage
Ensemblier multimodaux
Bureau des méthodes
Co-conception
Indicateurs de gestion simplifiés (taux d’occupation de salles, journées stagiaires)
Indicateurs composites prise en compte de la qualité et des effets
Le formateur domine les contenus
Les apprenants sont experts de leurs questions

On voit que ce passage de la formation à l’apprenance secoue les fondamentaux organisationnels et gestionnaires, la façon dont se forment les marchés, les compétences des acteurs, les représentations à l’égard du savoir, les modèles de conception, le rôle du formateur et de l’apprenant, les points clés valorisés.  Tout est remis en question.
Par ailleurs, la complexité s’est aussi la co-existence de cette offre de formation qui peine à muter et de cette demande de nouveaux services qui se structure. Cette rencontre produit le bouillonnement du marché de la formation que nous connaissons actuellement.

La leadership du chef d'établissement

Créé le jeudi 3 décembre 2015  |  Mise à jour le lundi 7 décembre 2015

La leadership du chef d'établissement
De primus inter pares (premier parmi les pairs) à manageur, du manageur au leader?

Cette question, en ouverture de l'ouvrage "Leadership éducatif. Entre défi et fiction" résume bien l'évolution du métier de chef d'établissement vers une responsabilité à 360°, un pari qui frôle parfois l'invraisemblable.

Citons un exemple parmi d'autres. Une réforme éducative a récemment enflammé la société italienne ; parmi les points controversés, la possibilité pour les établissements d'être financés par des donations privées et la figure centrale du "directeur-dictateur" : un chef d'établissement qui évaluerait les enseignants et disposerait de moyens pour primer les plus méritants. 

Faux dilemme pour certains, danger de super-pouvoirs pour d'autres... Tout est là : les enjeux de contrôle, le pouvoir et la capacité à les exercer au sein de nos écoles.

Définition de leadership

Selon G. Pelletier, la leadership "repose sur deux bases du pouvoir : la référence (susciter l'émulation, l'envie d'identification) et l'expertise. 

D. Goleman a modélisé le comportement d'un leader en six styles différents :

  • le directif, particulièrement d'actualité en temps de crise. Son motto " Faites ce que je vous dis";
  • le chef de file exemplaire :  "Regardez et faites comme moi";
  • le visionnaire, celui qui fédère et mobilise autour d'une vision :  "Venez avec moi";
  • le collaboratif, qui prône la cohésion : "Mes collaborateurs d'abord";
  • le participatif, qui recherche le consensus : "Intelligents à plusieurs";
  • Le coach, qui investit sur les personnes. Sa devise : "Essayez".
En réalité aucun de ces styles ne prime sur les autres, chacun a ses points faibles : le manque de collaboration, trop d'écoute au défaut de l'action, l'écrasement de la diversité....   La bonne réponse serait donc un juste équilibre entre les six.
Si nous considérons que ces capacités ne sont pas innées mais peuvent être acquises, la question de la formation des chefs d'établissementsse pose. Sont-ils préparés à devenir des leaders ?

Formation et pratiques

Selon le rapport Eurydice "Chiffres clés des enseignants et des chefs d’établissement en Europe" dans de nombreux pays la première condition pour le métier de chef d'établissement est d'avoir exercé la profession d'enseignant pendant au moins cinq ans. 

Une formation spécifique est généralement proposée, portant à la fois sur la gestion, la communication, l'encadrement d'équipe etc. ; elle peut varier d'un programme d'une semaine, comme en Roumanie, à un master de 60 crédits ECTS (environ un an) à Malte. Il existe également des académies spécialisées, comme l'Académie de leadership en Autriche, proposant notamment une formation à l'innovation.

Cette période de formation est couplée, en fonction des pays, à une expérience administrative (ex. un chef d'établissement adjoint) ou à des expériences pratiques sur le terrain, comme au Royaume-Uni. 
La leadership serait souvent partagée avec des équipes de gestion, mais le rapport admet que "les approches innovantes sont plutôt rares".

L'enquête internationale TALIS (2013) de l'OCDE nous livre le témoignage de professionnels sur leur leadership, explicitée à la fois comme l'action d'encadrement ou d'innovation pédagogique, la gestion de la relation avec les familles, la résolution de problèmes disciplinaires, l'organisation du temps scolaire, le développement de l'école. Dans certains cas de décentralisation poussée, cela va jusqu'à la recherche de fonds, sans oublier la collaboration avec d'autres chefs d'établissement dans une approche « systémique ».

Quelques outils 

  • Le Best evidence programme (BES) du ministère de l'éducation néozélandais. Synthèse de 134 cas pratiques, cette interface se veut un outil d'accompagnement pour les chefs d'établissement en herbe : des prototypes de documents (des calendriers d'école, des tableaux de gestion du temps), une section sur les cadres réglementaires, l'optimisation des finances de l'école, de bons conseil pour gérer la communication ... jusqu'au choix de la musique d'attente sur le répondeur ! 
  • Le site européen "School leadership", une panoplie d'outils pour le chef d'établissement: un guide d'élaboration d'indicateurs, des grilles pour estimer le niveau d'implication des différentes parties prenantes (élèves, enseignants, familles) des méthodes d'évaluation de risques, notamment du "degré d'irritation": la réticence de certains collègues, premier signal d'un changement de culture en marche, au sein de l'école.

Illustration : Shutterstock, Lightspring

Références

1) Commission européenne (Eurydice). Chiffres clés des enseignants et des chefs d’établissement en Europe (2013). http://eacea.ec.europa.eu/Education/eurydice/documents/key_data_series/151FR.pdf
2) OCDE. New insights from Talis 2013. Teaching and Learning in primary and upper secondary education.http://www.keepeek.com/Digital-Asset-Management/oecd/education/new-insights-from-talis-2013_9789264226319-en#page1
Pour en savoir plus :
NORMAND Romuald, DEROUET Jean-Louis (dir.). La question du leadership en éducation. Perspectives européennes. L'Harmattan, Éditions Academia (2014). Acheter sur Decitre : http://www.decitre.fr/livres/la-question-du-leadership-en-education-9782806101754.html
DUTERCQ Y., GATHER THURLER M. , PELLETIER G. Le leadership éducatif, entre défi et fiction. De Boeck (2015). Acheter sur Decitre: http://www.decitre.fr/livres/le-leadership-educatif-entre-defi-et-fiction-